samedi 14 juin 2008
Guère en dentelle
Sais-tu mon amour, mon doux, mon innocent,
Qu’à regarder ainsi déambuler ton nonchaloir,
Presque nu, et volontiers inconséquent,
Me viennent des envies violentes de soudard.
De brutes avinées à l’œil concupiscent.
Qui t’imaginent déjà, bousculé sur la banquette,
Ta pudeur troussée sans aucun ménagement.
Suave conquérante, j’avance le sein en plate*,
Sensuelle comme un cheval de Troie.
L’homme, telle la truite, s’attrape sans hâte,
Le chasseur se piquant de ne pas être proie.
Te voilà acculé, castel amor, la braguette assiégée,
L’ennemie lançant une armée de dix mille doigts,
A l’assaut du rempart de coton blanc froissé
Derrière lequel se dresse vaillamment, ton petit soldat.
Et bien fait, le ciel m’est témoin qui t’a si bien membré.
Victoire ! Ce soir, je peux bien triompher
Puisque je suis maître de toi, Ô mon beau cheval lié.
Désirée Thomé 2008
*La plate est une pièce d'armure de la poitrine.
dimanche 11 mai 2008
Bello
Ta petite gueule
ta belle petite gueule d'ange
ta lèvre ourlet velours à goûter
du bout de la langue
Ta jeunesse
ta fraîcheur offerte à ma paresse
et ton corps, ton corps du diable
à me damner
à plonger toute nue et trop contente
dans l'enfer et ta flamme
dressée en étendard rubis
juste là, debout sur tes cuisses
ce triomphe viril, cette hampe portant déja victoire
que tu me tends en arrogant calice
où je vais boire à ma perte
à la folie, consumée par la fièvre
la raison incendiée, poussière
et honte bue
ton désir, oui, da: je vais oser le prendre
le planter en mon jardin qui a trop soif
comme une pluie chaude d'été
et tu arroseras encore, encore
mes herbes folles et mes ovaires,
rien d'autre n'y poussera
que la fleur écarlate de nos plaisirs
mais elle sera énorme, ouverte et large
rouge, comme on n'a jamais vu,
rouge, comme on n'a jamais vu.
Désirée Thomé 2007
Pour le plaisir des yeux, Josh Duhamel. Beau gosse s'il en est.
mercredi 7 mai 2008
Lettres Ecarlates
Baiser du Dragon
Mon souffle,
Je t’écris depuis deux jours
Sur des pages de feu
Assise
Chevauchant
Un fleuve de cyprine
Furieux
Gonflé par les ruissellements
D’un printemps impérieux.
Sache que je m’épuise à tenter de dompter
La crue
De ce dragon aqueux,
Qui dévale et cascade et se trouve étranglé
Hurlant comme un sauvage
Au siphon de ton absence.
Sa gueule pointe, mugit, crache son impatience
Par le délicat recès qui me troue le ventre.
Mon amour, je me noie.
Je glisse sur la pierre tant tremblent mes jambes.
Apporte ta bouche de désert
Celle qui est si brûlante,
Et viens vite, d’un seul baiser
assécher mon attente.
Rigor Mortis
Mon amour, pardon.
Je connais bien mon crime :
à l’instant où tu me lis
je sais ton incendie.
L’embrasement fulgurant
commence par tes yeux.
Puis descend,
et bouscule,
ton cœur soudain fièvreux,
propulsant comme une bombe
le sang dedans ta queue.
Et c’est bien miracle, si tu ne succombes
dans l'instant
ta rondeur pointée, ne se déchirant pas
sous l’afflux brutal
du désir hémophile.
Pardon, mon cœur, pardon
Je sais bien que mes mots,
un à un te consument,
Raidissant tes chairs rouges comme fer
sur l’enclume.
Je sais bien que ma langue jetée entre les pages
n’est que flammes
et que si j’approche mon visage,
mon amadou, je te
condamne
à l’amor.
Pardon, pardon, pardon
ma chaleur est brutale, mon pauvre calciné
et je sais bien que je te fais mâle,
en demeurant embrasée à ton côté…
Désirée Thomé 2008
Illustrations empruntées à GUY BRAUNS.
Je continue à écrire pour la Vénus Littéraire. Cet ensemble de deux textes était en gestation depuis de nombreuses semaines, j'ai hésité à publier en "carnets". Et puis zut! Ceux qui n'aiment pas, ne lisent pas. Et puis voilà. Le titre est bien évidemment un clin d 'oeil.
lundi 5 mai 2008
La Tige de la Rose
Parfois, j’aimerai qu’au sillon de ma motte boisée
Le bouton trop court, se tende, enfle et pousse
En un cep rude et torturé de veines violacées.
Oh une heure seulement avoir la plus grosse épine,
Qu’une rose eut porté, rubescente et prodigieuse tige,
A presser, poète, à l’œil sombre de ton œillet.
Comme il doit être bon, de se saisir fermement
De cette belle branche, frémissante et dressée,
Et coulissant doucement, des frondaisons au gland,
Dans sa paume en fourreau, graissée pour la commodité,
Se donner à soi-même le plaisir sans péché,
D’un rendez-vous clandestin, avec la veuve poignet.
Il manque ta bouche à mon savoir complet.
Tes lèvres, Oh diantre: j’en frémis !
Ta langue câline dormant, vierge encor en son palais,
Présente la serrure, voici la grosse clé !
Qui va prendre son temps, s’enfoncer dans le pêne,
Goûter à ces délices aux mâles réservés
Et je vais en jouir, les fesses bien serrées,
Jusqu’au bout du rêve, chéri, tu seras mienne.
Valombreuse 2007
dimanche 4 mai 2008
Murmures
Je ne te dirai pas, mon amour
Combien j’ai envie du baiser de nos ventres,
De ta sueur soudant ta brûlure à la mienne,
De nos peaux épousées et frottées de « je t’aime »
Au creux caniculaire du lit de nos péchés.
Mon nombril a tellement de mots voyous,
A chuchoter au tien
De lois à transgresser, de pierres à disjoindre
Pour atteindre au sublime et en franchir le seuil.
Je ne te dirai pas non plus
Combien mes orifices ont trop faim de tes doigts,
Que je ferme les yeux, imaginant tes bras,
Ton sexe et tout le reste
Que ta langue me tarde à mes vides aux abois.
Ne compte pas sur moi pour te dire aussi
Combien j’aimerai lécher, mon plaisir à ta bouche,
A ton menton, à ton cou, à tes reins,
Qui se tendent encore au soupir de mes mains.
Combien mes lèvres s’émeuvent, et doucement se mouillent,
A la pensée de goûter, tes sucs et tes liqueurs,
De boire le flot sucré de toutes tes odeurs.
Ô je ne dirai plus rien, puisque tu sais déjà
Cette enceinte bâtie autour de nos jouissances
Pour tenter follement d’en contenir les jus,
Et que nos corps de cuivre intimement se mêlent,
Sonnant comme trompettes à déchirer la nuit,
A faire trembler nos chair, et desceller nos craintes
Dans la joie torturante d’un seul et même cri.
Désirée Thomé 2006
mardi 1 avril 2008
Les clés du Paradis
Merci mon Dieu, sublime créateur
merci pour cette queue, aussi bonne que le dard de l’ange,
qui parfaitement s’ajuste à la serrure humide
que ton Doigt d’artiste magistral ouvrit
comme un sourire, au sommet de mes cuisses.
Merci pour cette clé de chair si dérisoire
et si humble dans sa flacidité,
qui se gonflant soudain de désir et de gloire
s’allonge, double et puis durcit,
pour pénétrer mon huis, et m’emporter râlante
à longs traits et saccades
mourir de ma petite mort, aux portes de ton Paradis.
Valombreuse 2008
Le Bernin "L'extase de Sainte Thérèse d'Avila"
dimanche 2 mars 2008
Coucou!

Un cancre veut m’apprendre
à être bonne fille.
A écarter les jambes
quand pointe son jocrisse.
Il me dit « Gente Dame,
ouvez bien grand vos cuisses,
mon petit oiseau va sortir, rentrer
sortir, et puis rentrer, sortir… ! »
Désirée Thomé 2008
vendredi 15 février 2008
Hommage à Pierre Louÿs

Merci à toi, Sainte-Branlette
d'occuper les doigts de Monsieur.
Ainsi il ne songe pas à faire le poète
Ses mauvais vers ne blessent plus nos yeux.
Quand il te prie agrippé
à la bougie de son gâteau de fête
plutôt qu'aux lettres
de son pauvre clavier,
On entends courir un grand soupir d'aise
dans toute la virtuelle contrée.
Merci à toi, Sainte-Branlette
de lui garder l'esprit noué
à la vilaine que le soir il baise
sans jamais l' attoucher.
Désirée Thomé 2008
Illustration: Evette "Just a male part"
mercredi 13 février 2008
Rose de Lesbos
M’amie, ma folle, ma ruisselante pastèque
Fraîcheur d’eau nichée à ton corps qui m’assèche,
Ne trouves-tu pas étrange, ma princesse saphique
Nos féminités qui s’appellent, se rejoignent et s’étreignent
Mêlant intimement nos notes de peau, de cheveux, nos haleines
Pour créer ce parfum délicat et puissant, noué de nos arpèges ?
L’arc solaire de mon ambre s’échauffe à fleur de toi, rose turque
Ceinte de tout le vaste orient. Ada, lampe magique
Frottée de la langue et des doigts, tes senteurs prégnantes
Riches et lourdes volutes, suintent et se déroulent
En anneaux cuivrés. Benjoin, cèdre et santal s’exilent
De ta chair par un milliard de bouches, pores ouverts
Submergés par l’ampleur d’une marée torride.
Et je m’enivre, Ada, me saoule à chaque sillon de tes plaines
Tel un chiot obéissant, reniflant ta hanche, ta taille légère
Ta fesse de gourmande, ton sein grenu, l’œil humide et reconnaissant,
Je bois, lape, hume et tremble d’un plaisir que rien ne peut contenir.
Et d’amour à mon tour j’exhale, suant mon or sur tes rubis,
Mes senteurs d’air, de tubéreuses, la verdeur de mon printemps
Logé pour toujours aux flamboyances des automnes.
M’amie, ma douce, ma princesse saphique trésor en corps
Autel consacré d’huiles saintes dont je lèche le pied,
Je suis ta prêtresse ainsi que ton esclave, Ô Cléopatre
Et c’est en nous aimant, joignant nos chairs complémentaires
Que nous concotons poisons indiscernables, philtres d’amour
Et parfums hypnotiques.
Désirée Thomé 2007
lundi 4 février 2008
L'Ogresse
J’aimerai lui bouffer la verge, disait l’ogresse.
M’en faire un festin, m’en mettre jusque là
Le grailler, lui suçoter la moëlle, et elle rajoutait l’œil allumé :
Je la devine de belle taille, fleurie d’un gland étroit
Et pour peu qu’elle se dresse, j’en aurais pour deux repas.
Pour distraire mon impatience, je le mignoterai comme ça
Du bout des dents, désinvolte, l’air point trop alléché.
Mais en vrai, je me retiendrai à quatre, de l’avaler tout entier,
Le boulotter d’un coup d’un seul, le nez planté dans son persil,
Le suçant en lui massant les meules, de toute la vigueur de mon appétit.
Hum, disait l’ogresse, j’aimerai vraiment lui bouffer la
verge
Mais se jeter sur son assiette, c’est très impoli
Je commencerai donc, par chahuter ses noix en guise d’antipasti.
Et pour passer à table, lui offrirai une belle cravate de notaire
Celle taillée dans la soie, de mes obus de tendre guerre.
Après ces amuse-gueules, nous passerons au plat de résistance,
D’ailleurs après tout ça, je ne crois pas qu’il m’en offrira guère,
J’en suis sûre, le sire sera tout à moi sans faire plus de manières
Enfin, je pourrai me l’enfourner tout entier, Ô voluptueuse bombance !
Hum, soupirait l’ogresse, j’aimerai bien te bouffer la
verge.
Tu ne veux pas ? Avec un peu de sel ?
Désirée Thomé aka Valombreuse 2007
Je traîne encore ce problème récurent de publier à part ou pas ma poésie érotique. Mais quand un de vos textes rabelaisiens est parti dans les valises de Tang Loaec pour être lu au 4eme Festival de Poésie Erotique à Shanghaï, on se dit que quand même, dans le genre on est pas si mauvais que ça. Et que bon ce serait bête de ne pas publier ce qu'on fait bien.
Alors je conçois que certains certaines d'entre vous n'aiment pas ce genre dans la Poésie, dites-vous que même le plus modeste poète est un TOUT indissociable. Que tenter de le séparer, de le dissocier est une erreur majeure. Qu'il faut accepter l'artiste dans sa globalité. Mais on est pas obligé d'être un inconditionnel non plus. Moi j'avoue, chez mes amis que j'aime, j'aime pas tout non plus. Ah oui, faisant partie de l'Oeuvre Editoriale de la Vénus Littéraire je vais continuer à signer mes poèmes éro de mon tonitruant Valombreuse...
La photo est une pub pour le chausseur Patrick Cox. La chair, le cuir, ça ne pouvait pas mieux coller je crois à l'Ogresse.







