vendredi 22 février 2008
Retour de flamme

On peut bien, sans vergogne,
chier des années durant,
dans la gueule du volcan.
Mais quand il s'éveille
et rote l'outrecuidance,
il ne faut point s'étonner
d'avoir le cul fumant.
Désirée Thomé 2008
Gloire à Vian
mercredi 30 janvier 2008
Eros Cynocéphale

Tout va trop vite dans cet espace,
les mots s'écrasent contre l'urgence
des désirs tachycardes.
Le manque et son pourvoyeur, le vide
nous guettent la langue pendante,
il nous faut céder aux saillies charcutières
même à deux, solitaires.
Pas de temps pour le temps des roses camélias
à peine on se touche
que déjà on se couche
d'ailleurs,
on ne fait plus l'amour:
on baise.
Désirée Thomé 2008
jeudi 17 janvier 2008
Les Libertintins
A Eudes, Marquis du Guilleris
Mon Cher, les femmes sont décidément de plus en plus dures en affaires.
Me voilà condamné à écrire des nunucheries d’un autre âge, d’une
miévrerie confondante, et tout à fait indignes de ma plume, pour pouvoir m’en
gauler une. A roucouler comme un pigeon niais à ces poules stupides des mots
d’amour si dégoulinant de gras et de sucre, que je m’en donne la nausée à
moi-même, que j’en vomirai sur mes chaussures.
Je ne savais pas que je pouvais être si écoeurant, ma foi. On en
apprends de bien piètres sur soi quand on a les bourses aux abois. Ah foin de
ces atermoiements verbeux qui laissent sur sa faim, de ces faveurs roses
passées autour de ma queue, pour obtenir les leurs à la fin. Diable, je n’en
peux plus: il me faut illico un con!
Suis-je coupable si elles veulent de l’amour courtois quand je n’ai à
proposer que l’amour courtaud d’une pine affamée ?
J’ai pourtant bien des atouts, dont un langage précieux qui les font se
pâmer et en toute fausse modestie, je peux affirmer, que dans le mensonge, nul
ne m’égale ! A midi, je peux jurer l’éternité de mon cœur à Jeannette, à
quatre heures engager ma fidélité à Louise, et le soir faire minette à Josette
en promettant devant dieu ébahi, le très saint mariage.
Il y en aurait bien une, mais elle est laide avec un nez guignant celui
de Cyrano, une mine d’ivrogne et le sein maigre, quand je rêve de somptueuses
mamelles. Et des rides mon ami, des rides, tant et tant qu’il faudrait avant
que de l’enfiler que je puisse la repasser.
Las ! Les belles me font la tête : j’en ai trop abusé. Il me
faudra me contenter-Vénus me pardonne- de cette vieille haridelle pleine d’os
en saillies. J’espère ne pas me briser le vit en pénètrant son huis !
« Qu’importe le flacon, pourvu qu’il ait un trou ». Me
retorquerez-vous. Si fait. Tout pourvu que je puisse échapper à l’indigestion
de guimauve et à la veuve poignet. Ah ! Mon ami, ces fariboles me
fatiguent. Foin de ronds de jambes et de courbettes endimanchées, allons droit
au but. Jouissons Mesdames, jouissons !
Et comme l’écrivait le vieux Ronsard plein de dépit :
« Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté. »
Et moi, bon prince, je veux bien vous aider Mesdames, à la cueillette !
Hugues, Baron de La Branlle




