mercredi 7 mai 2008
Lettres Ecarlates
Baiser du Dragon
Mon souffle,
Je t’écris depuis deux jours
Sur des pages de feu
Assise
Chevauchant
Un fleuve de cyprine
Furieux
Gonflé par les ruissellements
D’un printemps impérieux.
Sache que je m’épuise à tenter de dompter
La crue
De ce dragon aqueux,
Qui dévale et cascade et se trouve étranglé
Hurlant comme un sauvage
Au siphon de ton absence.
Sa gueule pointe, mugit, crache son impatience
Par le délicat recès qui me troue le ventre.
Mon amour, je me noie.
Je glisse sur la pierre tant tremblent mes jambes.
Apporte ta bouche de désert
Celle qui est si brûlante,
Et viens vite, d’un seul baiser
assécher mon attente.
Rigor Mortis
Mon amour, pardon.
Je connais bien mon crime :
à l’instant où tu me lis
je sais ton incendie.
L’embrasement fulgurant
commence par tes yeux.
Puis descend,
et bouscule,
ton cœur soudain fièvreux,
propulsant comme une bombe
le sang dedans ta queue.
Et c’est bien miracle, si tu ne succombes
dans l'instant
ta rondeur pointée, ne se déchirant pas
sous l’afflux brutal
du désir hémophile.
Pardon, mon cœur, pardon
Je sais bien que mes mots,
un à un te consument,
Raidissant tes chairs rouges comme fer
sur l’enclume.
Je sais bien que ma langue jetée entre les pages
n’est que flammes
et que si j’approche mon visage,
mon amadou, je te
condamne
à l’amor.
Pardon, pardon, pardon
ma chaleur est brutale, mon pauvre calciné
et je sais bien que je te fais mâle,
en demeurant embrasée à ton côté…
Désirée Thomé 2008
Illustrations empruntées à GUY BRAUNS.
Je continue à écrire pour la Vénus Littéraire. Cet ensemble de deux textes était en gestation depuis de nombreuses semaines, j'ai hésité à publier en "carnets". Et puis zut! Ceux qui n'aiment pas, ne lisent pas. Et puis voilà. Le titre est bien évidemment un clin d 'oeil.
Commentaires
Coquin, mais beau ! Pas de fausse pudeur, j'aime !
Je t'embrasse Chris amie !
Ah, que la femme est belle...
Je vais te dire petite soeur, elle est de cette beauté qui ne propulse pas de sang dedans ma queue, mais une flamme dans mon coeur. C'est comme tout ce qu'il y a de laid en moi fondait, comme si j'accueillais de pleines bouffées de fleurs, et gonflait ma poitrine de jeune azur.
Décidément non, je ne me sens pas aimer la femme comme le chasseur aime les grives.
Elle est comme un souffle surgi du monde pour l'entraîner dans la course de ses galbes et l'allaiter de son sourire.
Ni fer, ni enclume, ni rien de cette brute de Vulcain qui sue comme un boeuf à la corvée,
mais la caresse gracile de l'emmerveillé étourdi de tant de charnel cristal...
moi ça me va bien.
Imamura
Bonjour Désirée,
Moi, j'aime vos poésies car elle sont signifiantes pour moi aussi et à l'instant, la lecture du "Baiser du Dragon" m'évoque ou me bascule dans ce merveilleux film d'IMAMURA Shoshei,"De l'eau tiède sous un pont rouge" : si ce n'est déjà fait, prenez l'occasion de le voir.
Je vous souhaite une belle journée.
Frederique
!Rigidité cadavérique!!!!!!
Nulla dies sine linea...
Il y a des baisers irréversibles...ta plume sensuelle est une caresse sur les spores...
Sûr...que la femme est belle...et sa morsure mortelle !!!!
En relisant les commentaires il me semble voir poindre une légère déception ?
j'aurais peut-être dû dire qu'à force de me B...en lisant et contemplant je me suis collé un tennis elbow jusqu'à la mâchoire. Mais je suis dans un de ces jours où, en regardant une femme, la première chose que je vois n'est pas ma B...
(Je plaisante ! )
A sylvaine
Pourquoi mortelle ? Non ! quoi qu'il en soit, le "baiser irréversible" n'est pas une morsure.
Frederique
Joruri
..me fait tellement rigoler ton second commentaire qu'il faut que je te le dise. Dis, au fait, pourquoi tu mets une majuscule à ta b...? --->oui, je sors, ça va! ;)
Je te remercie pour ton premier commentaire, qui est très beau et me va droit...au coeur! Et je n'aimerai pas être aimée non plus par un chasseur. Non, non, du tout. Je parais rude à travers mes textes, voire brutale, je crois que la nudité l'est. Et je ne parle pas de mes fesses of course.
Je demeure un troubadour. De ceux du 12 ème siècle, qui étaient amoureux de l'amour.
Merci pour ces jolis mots gentil pastoureau. :)
Agnès
Oui, je ne crois pas que l'on puisse garder sa culotte pour écrire chez la Vénus! Rire!
Bises mon amie
Marie
Tant mieux parce qu'y rien d'autre au souper! ;)
Frédérique
J'aime beaucoup le cinéma asiatique. Mais je suis un peu "larguée" depuis quelques temps. Je vais voir si je peux trouver ce film, je ne connais pas du tout le réalisateur.
Bonne journée Frédérique :)
Sylvaine
J'ai trouvé que "rigor mortis" ferait un bon jeu de mot! *sourire* J'ai pte l'humour un peu noir, non?
Ton chat va mieux (heureusement que c'est un mâle..ouf!) hihi.
Bises!
A Désiréé
Larguée ? Mais non, on n'a pas le temps de tout voir ou de s'intéresser à tout. Alors, si tu peux prendre le temps, outre le film mentionné précédemment, regarde également "L'anguille" et " La balade de Narayama". Ta sensibilité devrait y trouver substance.
Cordialement.
Frederique
La majuscule ? Pour attirer l'attention je suppose...
J'ajoute que la deuxième photo est carrément déloyale. C'est pas compliqué, c'est parfait...
On en mangerait...
... On dirait du veau... : ))
Frédérique
J'ai entendu parler de "la balade de Narayama", mais pas vu non plus. Par contre j'ai vu un très beau film vietamien qui s'appelle "Le parfum de la papaye verte" et que j'ai bien aimé pour son atmosphère, sa lenteur, son presque silence. Une autre façon de filmer.
Bonne soirée :)
Joruri
Attirer l'attention?...arf.
Ah j'en ai eu un! Chouette, j'étais sûre que quelqu'un tomberait dans le panneau: c'est pas des photos!! Ce sont des peintures! Il a une technique digne des anciens ce gars-là. Son nom mène à son site.
Du veau!! En plus je parierai que tu es végétarien. Moi ça me donne envie de manger...des endives. Bien blanches. ;)
Espace...
Par don...
Ce sont des photos de peinture ! Quelle mauvaise foi.. j'en ai la courge sciée !
(Normalement avec le veau, les endives et la courge
on devrait pouvoir attaquer le benedicite pepère sous peu... :))
Bonsoir Désirée,
Tout ces commentaires alimentaires me laissent sans voix (mdrrr)
Quel genre de grincheux n'aimerait pas ce genre de petit bijoux ...je veux dire même parure royale!
Tu sais quoi, c'est toi qui est une vénus littéraire!
Il y a un mot que je ne connaissais pas c'est "recès".
N'hésite jamais à publier ce genre de textes car ils nous réchauffent le corps, le coeur et ils chantent le bonheur d'être vivant.
Tu m'as émue aussi avec ton papyrus car j'aime l'humanité qui nous vient du fond des âges.
je t'embrasse belle Désirée
Laurent
Vous êtes tout excusé. ^^
Joruri
Bon je te laisse commencer, je me souviens de l'air mais pas de la chanson (quelle mécréante)! ;)
Catherine
Recès: je l'ai appris en lisant le monument de George R.R Martin: le trône de fer. Il y a une vraie qualité d'écriture, et le (ou la) traducteur a dû se marrer cinq minutes pour retrouver les termes en bon vieux françois. Alors un "recès" c'est un "lieu secret" et ce fut une vraie galère pour trouver l'exacte définition de ce mot rare(et curieusement je viens de la chercher sans succès, y compris sur le littré en ligne). Mais c'est bien en ce sens qu'il a été utilisé dans la traduction du roman.
Sourire, je fonctionne beaucoup par association d'idées. Donc scribe =papyrus. Et ce petit mot m'avait beaucoup émue. Finalement en 4000 ans les mères sont restées les mêmes. C'est rassurant.
Bonne soirée ! :)
Je suis cuit... Moi non plus !
Tu sais, cette forme, là sur l'image, elle a un pouvoir bien différent que seulement venir câliner les chromosomes languissants.
Pour un moment, elle écarte la mort et la remplace sur la ligne d'horizon.
les hommes ont, voire sont, des grandes gueules.
Et tu sais pourquoi ? Parce que ce sont des faibles qui se fondent de ces courbes, que leur belle arrogance se fond, que leur morgue tapageuse se fond et que soudain leurs biceps leurs semblent d'une laideur et d'une lourdeur incongrue, et qu'en plus, oui, tout au plus secret d'eux-mêmes, ils se perçoivent indignes d'une telle beauté...
Que des femmes jouent de cette influence, par désir de pouvoir, et aussitôt, elles en sont moins belles...
Mais que dans l'innocence abandonnée de son être, elle se donne à voir sans intention que d'être au plein présent corporel de son être, toute à fait biologique et simple, et la musique qui commence à jouer est un amour tout autre, fait de MATERNITE (!) de respect ému, d'attention silencieuse
d'égalité de fait, de réception emmerveillée de la différence. La différence devient l'ingrédient du bonheur d'aimer à la fois esthétique moral et spirituel, et s'épanouit dans un sentiment qui ne se nomme pas: l'amour de l'autre dans son altérité, qui multiplie le sens de soi au lieu de le diminuer, et ainsi de suite, jusqu'à ce retrait qui laisse l'autre s'épanouir et vivre sa plénitude sans plus de désir d'appropriation.
J'aime ta beauté POUR TOI...Ce que j'aime dans ta beauté, c'est toi...
Euh... Amen...
Mmmh, pas mal... Mais dur dur que les hommes m'inspirent ça (je les vois plutôt comme des êtres veules qui avancent et reculent sans cesse, ou s'en vont voir ailleurs), bref, il s'agit là plutôt d'érotisme proprement féminin.
J'en ai écrit beaucoup aussi. J'ai même tenu un blog érotique que j'ai effacé bêtement, en même temps que l'autre, j'ai peut-être gardé quelques textes...
De même pendant longtemps, j'ai écrit une chronique érotique, j'avais tous les personnages, tous - tous en tête... C'était nettement lesbien comme inspiration, bien qu'il y eût un homme dans tout cela, qui jouait un rôle assez ambigu, à la limite franchement incestueux qui plus est...
J'ai lu un seul poème érotique en public, "les fruits", qui a eu un certain succès, mais je ne sais plus où il se trouve (et il est long à dactylographier...) Donc voilà,
Et revoilà notre Désirée Thomé ...............
Joruri
Bon après cela, qui est si intelligement dit, ressenti, exprimé, rien à rajouter...sauf que l'homme est beau aussi dans sa rudesse, ses muscles taillés au burin. Son dos puissant, sa taille étroite. Et ils ne sont pas tous de sales petits monstres égotiques et braillards, la preuve, j'en vois de très bien moi, ici. Et nul besoin de voir leur visage pour entendre leur beauté du dedans...
Bise-main gentil sire. :)
Pivoine
Tu as tenu un blog érotique? non, sans blague??
Bah je crois que nous sommes à égalité pour la connerie, la faiblesse, la lâcheté, que la parité est largement réalisée à cet endroit entre homme et femme. Je rajouterai que moi-même, pour faire bon poids et être parfaitement honnête, je peux être particulièrement bouchée, voire obtuse quand je me sens blessée et que je réagis au millième de tour avec une force et une violence qui me dépasse complètement. Je me connais bien.Et "connais-toi toi même" c'est la base de tout. Après reste à corriger le tir. Et là ça se complique.
Tous les hommes ne sont pas condamnables, loin s'en faut. Il faut juste "tomber" sur les bons melons. ^^
Pour ce qui est de la nouvelle érotique, je fais mon petit Poe (mdr) en écrivant à partir d'un rêve vraiment étrange que j'ai fais, où j'étais dans la peau d'un homme...
Bonne journée Pivoine
Sans doute. Mais je suis hétéro et si j'aime aussi les hommes, (pas tous , pas tous ! ) c'est pour de toutes autres raisons, nettement plus mentales : )
Joruri
Oui,moi aussi. J'écris des textes saphiques sans être lesbienne, juste portée par des bouffées d'amour énormes pour l'humain en général. D'ailleurs j'écris de plus en plus sans "destinataire". Je crois que c'est bien, ça ouvre le champ d'écriture, l'espace inspiratoire.
Bonne journée ensoleillée Jo :)
Frédérique/Désirée
Pour Fred...peut-être n'avez-vous pas connu l'Amante Religieuse !
Pour Chris...tu n'as pas rêvé...en disant qu'il y a un homme en toi ! hihi
Sylvaine
..il y a un homme en moi effectivement, mais pas toujours: il me laisse parfois du répit. *ou l'art de parler un double-langage* ;)
hihi too! Comment va notre bel Oedipe?
Bisou dame helvète
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