dimanche 11 mai 2008
Avec le soir

Ne sois pas triste, je ne le suis pas.
Je ne sais pas ce que tu veux et ce que je dois, mais
ne viens pas manger le seul contour des mots
dans ma bouche, leur croûte dure avant la mie.
Offre-moi un peu d'air du temps, je n'ai besoin de rien.
Je ne veux plus être perdue, égarée sur mes terres
ne plus savoir où je vais, moi qui allais vers toi.
N'approche qu'avec le soir, la lumière qui décline,
enfin douce et tranquille sur l'or des genêts.
Approche prudemment, la vipère est encore dans l'ortie,
endormie sous les bleus, pourtant si tendres des lavandes.
L'écueil peut encore dresser son venin triangulaire,
et sa gueule folle frapper le genou qui s'affale.
Ne cours pas, que ton pas soit sage et ta main cueillante,
Respire le chemin, pénètre-toi du monde
je suis là.
Désirée Thomé 2008
Bello
Ta petite gueule
ta belle petite gueule d'ange
ta lèvre ourlet velours à goûter
du bout de la langue
Ta jeunesse
ta fraîcheur offerte à ma paresse
et ton corps, ton corps du diable
à me damner
à plonger toute nue et trop contente
dans l'enfer et ta flamme
dressée en étendard rubis
juste là, debout sur tes cuisses
ce triomphe viril, cette hampe portant déja victoire
que tu me tends en arrogant calice
où je vais boire à ma perte
à la folie, consumée par la fièvre
la raison incendiée, poussière
et honte bue
ton désir, oui, da: je vais oser le prendre
le planter à mon jardin qui a trop soif
comme une pluie chaude d'été
et tu arroseras encore, encore
mes herbes folles et mes ovaires,
rien d'autre n'y poussera
que la fleur écarlate de nos plaisirs
mais elle sera énorme, ouverte et large
rouge, comme on n'a jamais vu,
rouge, comme on n'a jamais vu.
Désirée Thomé 2007
Pour le plaisir des yeux, Josh Duhamel. Beau gosse s'il en est.
Jours de Lumière
Gosses des vieux quartiers de la basse ville.
Nous jouions à cache-cache dans l'église.
Je me cachais derrière son dos
et sur sa croix, je le sentais sourire.
Le curé était sévère.
Mais nous n'étions guère plus qu'une poignée de souris
Nos rires comme nos pas, étaient menus :
Il ne nous a jamais surpris.
Le lieu me fascinait.
Sa pierre, sa lumière, les rangées de vieux bancs
usés par tant de mains, de coudes et de derrières.
la Collégiale était pétrie de prières,
le plus sûr des mortiers pour affronter le Temps.
Quelque chose flottait entre ses murs épais,
c'est ma chair qui le percevait.
J'étais habitée, je l'ai toujours été
déjà en haut de mes collines, je parlais au vent
et il me rassurait.
Parfois, par caprice, j'allais à la messe. Seule.
Je posais mes dix ans au bord de la foi bien apprise des autres,
cercle mystérieux des fidèles enfermés.
Je n'y pénétrais pas. Je regardais le spectacle.
A l'instant de l'eucharistie, je mourrai d'envie de pécher
de marcher avec le troupeau, d'aller te boire et te manger.
J'ignorais alors qu'il y a bien d'autres manières
de communier.
2007
samedi 10 mai 2008
Sowing the seeds of love
Pas pris une ride ce truc et pourtant ça a déjà vingt ans. Un titre que n'aurait pas renié les Beatles de Sergent Pepper! Toujours tellement d'actualité. Bon week end à vous, chez moi il fait juillet! Bise
High time we made a stand and shook up the views of the common man
And the lovetrain rides from coast to coast
D.j.'s the man we love the most
Could you be, could you be squeaky clean
And smash any hope of democracry ?
As the headline says you're free to choose
There's egg on your face and mud on your shoes
One of these days they're gonna call it the blues
And anything is possible when you're sowing the seeds of love
Anything is possible - sowing the seeds of love
I spy tears in thier eyes
They look to the skies for some kind of divine intervention
Food goes to waste !
So nice to eat, so nice to taste
Politician grannie with your high ideals
Have you no idea how the majority feels ?
So without love and a promise land
We're fools to the rules of a goverment plan
Kick out the style ! bring back the jam !
Anything...
Sowing the seeds
The birds and the bees
My girlfriend and me in love
Feel the pain
Talk about it
If you're a worried man - then shout about it
Open hearts - feel about it
Open minds - think about it
Everyone - read about it
Everyone - scream about it !
Everyone
Everyone - read about it, read about it
Read in the books in the crannies and the nooks there are books to read
Chorus !
(mr. england sowing the seeds of love)
Time to eat all your words
Swallow your pride
Open your eyes
High time we made a stand and shook up the views of the common man
And the lovetrain rides from coast to coast
Every minute of every hour - " i love a sunflower "
And i believe in lovepower, love power, lovepower !!!
Sowing the seeds
An end to need
And the politics of greed
With love
jeudi 8 mai 2008
La foi et la montagne
Elle était là, silencieuse
devant la gueule gloutonne
du désert.
Le sable en crue coulait
chaque jour plus loin
dans le village
en chassait ses voisins.
Elle a planté le premier arbre
et a toisé le désert,
les deux poings sur les hanches.
Et le sable toujours gagnait
pendant que stoïque, elle plantait.
Autour d'elle, les moqueries tombaient
et rebondissaient, légères
sur la nécessité de la feuille.
Ses enfants, un à un sont venus:
six paires de bras fouillaient
le ventre du désert,
y faisaient des trous pour y planter du vert.
Et puis les haies sont devenues
réalité
une femme seule, petite paysanne inculte
avait posé sa main
contre le front du désert
lui signifiant ainsi, qu'il n'irait pas plus loin.
Désirée Thomé 2008
En Chine, aux franges mouvantes du second plus grand désert du monde, un village. Des familles que le sable menace. Une femme seule tout d'abord qui décide de lutter, contre cet immense désert. Et sous les quolibets, elle commence à planter des arbres, des plantes, frêles barrages de verdure et de vie face au gigantesque inéluctable. Sa famille a honte de ce qu'elle considère comme une folie, les mois passent mais elle ne cède pas. Alors, peu à peu convaincus par son opiniâtreté, ils viennent l'aider. Les arbres poussent, et soudain on rit moins. Un jour, ils s'y mettent tous. Tout le village. Et font une écharpe verte au désert qui s'arrête...La petite paysanne inculte a été récompensé par l'Unesco, est désormais citée en exemple, honorée. Vous me pardonnerez, je n'ai pas retenu son nom, j'ai cherché sur le net et je n'ai rien trouvé....pourtant elle méritait bien d'être saluée, non?
mercredi 7 mai 2008
Lettres Ecarlates
Baiser du Dragon
Mon souffle,
Je t’écris depuis deux jours
Sur des pages de feu
Assise
Chevauchant
Un fleuve de cyprine
Furieux
Gonflé par les ruissellements
D’un printemps impérieux.
Sache que je m’épuise à tenter de dompter
La crue
De ce dragon aqueux,
Qui dévale et cascade et se trouve étranglé
Hurlant comme un sauvage
Au siphon de ton absence.
Sa gueule pointe, mugit, crache son impatience
Par le délicat recès qui me troue le ventre.
Mon amour, je me noie.
Je glisse sur la pierre tant tremblent mes jambes.
Apporte ta bouche de désert
Celle qui est si brûlante,
Et viens vite, d’un seul baiser
assécher mon attente.
Rigor Mortis
Mon amour, pardon.
Je connais bien mon crime :
à l’instant où tu me lis
je sais ton incendie.
L’embrasement fulgurant
commence par tes yeux.
Puis descend,
et bouscule,
ton cœur soudain fièvreux,
propulsant comme une bombe
le sang dedans ta queue.
Et c’est bien miracle, si tu ne succombes
dans l'instant
ta rondeur pointée, ne se déchirant pas
sous l’afflux brutal
du désir hémophile.
Pardon, mon cœur, pardon
Je sais bien que mes mots,
un à un te consument,
Raidissant tes chairs rouges comme fer
sur l’enclume.
Je sais bien que ma langue jetée entre les pages
n’est que flammes
et que si j’approche mon visage,
mon amadou, je te
condamne
à l’amor.
Pardon, pardon, pardon
ma chaleur est brutale, mon pauvre calciné
et je sais bien que je te fais mâle,
en demeurant embrasée à ton côté…
Désirée Thomé 2008
Illustrations empruntées à GUY BRAUNS.
Je continue à écrire pour la Vénus Littéraire. Cet ensemble de deux textes était en gestation depuis de nombreuses semaines, j'ai hésité à publier en "carnets". Et puis zut! Ceux qui n'aiment pas, ne lisent pas. Et puis voilà. Le titre est bien évidemment un clin d 'oeil.
dimanche 4 mai 2008
Ma Reine
Tu aurais tant voulu être choisie.
Tu te hausses sur la pointe des pieds pour dépasser l'amer
Et le repli qui s'amorce juste au coin de ton cœur.
Tu es plus grande qu'eux qui sont si petits, des enfants
Que ton amour jamais ne punit.
Tu te nourris des miettes, de ce qu'ils veulent bien t'abandonner
De leurs cènes secrètes, où tu n'es pas conviée.
Tu ne demandes plus rien, tu n'attends plus personne
Quelque chose en toi est mort
D'avoir été ignoré.
Dans tes placards se cachent les cadavres
De tous tes espoirs déçus
De toutes tes larmes sèches, de tout ce qu'ils n'ont pas vu.
Tu planques soigneusement ce qui pourrait trahir
Ton manque, alors tu te tiens bien raide dans la retenue.
La douleur d'être l'étrangère tu la déverse ici
Comme dans des cornues
Pour en faire ton or, ta grandeur, ta poésie.
Mais
Tu aurais tant aimé être choisie.
Désirée Thomé 2007 Spéciale dédicace à Pivoine.
Murmures
Je ne te dirai pas, mon amour
Combien j’ai envie du baiser de nos ventres,
De ta sueur soudant ta brûlure à la mienne,
De nos peaux épousées et frottées de « je t’aime »
Au creux caniculaire du lit de nos péchés.
Mon nombril a tellement de mots voyous,
A chuchoter au tien
De lois à transgresser, de pierres à disjoindre
Pour atteindre au sublime et en franchir le seuil.
Je ne te dirai pas non plus
Combien mes orifices ont trop faim de tes doigts,
Que je ferme les yeux, imaginant tes bras,
Ton sexe et tout le reste
Que ta langue me tarde à mes vides aux abois.
Ne compte pas sur moi pour te dire aussi
Combien j’aimerai lécher, mon plaisir à ta bouche,
A ton menton, à ton cou, à tes reins,
Qui se tendent encore au soupir de mes mains.
Combien mes lèvres s’émeuvent, et doucement se mouillent,
A la pensée de goûter, tes sucs et tes liqueurs,
De boire le flot sucré de toutes tes odeurs.
Ô je ne dirai plus rien, puisque tu sais déjà
Cette enceinte bâtie autour de nos jouissances
Pour tenter follement d’en contenir les jus,
Et que nos corps de cuivre intimement se mêlent,
Sonnant comme trompettes à déchirer la nuit,
A faire trembler nos chair, et desceller nos craintes
Dans la joie torturante d’un seul et même cri.
Désirée Thomé 2006
jeudi 1 mai 2008
A bicylette
...il fait beau. Le soleil salue le Mai qui commence. Les cerises sont grosses comme leur noyau, vert acide, et il y en aura malgré la gelée noire!
Balade à bicylette tantôt. Youpie!! Le vent doux glissant sur le visage et dans les cheveux, la grande paix, que vouloir de plus?

Image: Naths photos sur Stock Exchange
MOI de Mai, si, si.
...Faites: hummmmm! en avançant le nez vous verrez ça marche!
Ce que j'aime dans le muguet, c'est qu'il est beau, délicieusement parfumé, et complètement toxique. La fleur totem parfaite pour une affreuse, sale et méchante quoi. :)
Bon n'allez pas lui brouter la clochette pour vérifier hein. Non plus.

Photo Zela.
mercredi 30 avril 2008
Des roses et des orties
Le dernier et ultime album de Francis Cabrel, le journal d'un homme simple.
On est lourd
Tremblant comme les flammes des bougies
On hésite à chaque carrefour
Dans les discours que l'on a appris
Mais puisqu'on est lourd
Lourd d'amour et de poésie
Voilà la sortie de secours
On se rapproche, on se reparle,
on se pardonne et on reconstruit
Le seul monde qui vaille la peine
y'aura tout ce qui nous réunit
Et de tout ce qui nous oppose
On en sortira grandi
Et si on laisse peu de choses
Y'aura plus de roses que d'orties.
mardi 29 avril 2008
Festin
Venez mes petits, mes oiseaux, mes
perdus
mes ventres pleins au coeur creux
mes ornières et mes saillies
cris et douleur des vieilles sanies
sous la peau.
Venez mes obèses écharnés d'amour
mes yeux accoutumés au vide
mes mains rongées par l'acide des sanglots
mes solitudes lépreuses
venez.
Je vous offre un havre, le gîte et le couvert
la chaleur de ma pauvre carcasse
ma poitrine est vaste et sa porte est ouverte.
Venez me manger le coeur
le foie et puis la rate, les yeux, la langue
mangez tout, c'est cadeau.
Buvez à satiété:
vous n'épuiserez jamais toute l'eau de mon âme.
Puis, si vous pouvez encore sortir des égoïsmes
donnez-moi en retour, juste un sourire
pour me nourrir.
Désirée Thomé 2007
[L'amour est un don sans pitié parce que rien ne console de sa perte. L'amour est lié au perdu: c'est pourquoi toute perte le vérifie.
C'est la plus intense des douleurs. On peut procurer une définition négative de l'amour: l'amour est ce qui laisse inconsolable.
Il n'est jamais fini (c'est ce que veux dire inconsolable. Infini. L'amour, au contraire de la sexualité et du mariage, est infini.) Il n'est même pas sûr qu'existe quelque chose pour l'espèce humaine comme le deuil.
Rien ne rembourse le don qui s'y est abandonné.
Car rien n'y équivaut.]
[Tout ce que j'ai aimé, quoique je l'aie toujours perdu, je l'aimerai toujours. On peut s'établir à demeure dans un coin sublime, d'une surprise constante, d'un rêve toujours renouvelé, et ce fut pour moi un coin où j'étais seul et où le langage se confiait tout entier au silence.]
PASCAL QUIGNARD dans "Vie secrète".
dimanche 27 avril 2008
Les Adieux
La vie
sorcière gitane et pieds nus
plante ses doigts, l'éclat sauvage de son sourire
à nos visages, nos joues fleuries
d'arabesques salines
et d'innombrables soupirs.
Ses doigts crochetés à nos oreilles
nous retiennent prisonniers dans ses jours qui dévalent
nos années.
Tout m'éloigne.
Nul ne le voit
mais je ne suis déjà plus là
mille rats ont rongé l'amarre de ma chair
l'os à son tour, va céder.
Et vogue la galère.
Même la nasse si légère de l'amour
n'a rien retenu
j'ouvre les bras et libère
ceux qui n'étaient pas prisonniers.
Adieu, j'abandonne le sang
je redeviens éther
j'abandonne le coeur
pour devenir poussière.
Désirée Thomé 2008 Illustration: Createsima
samedi 26 avril 2008
Rain and tears
Au-delà des fenêtres, il pleut.
Un
Un
Un
Aucun.
Quelques passants,
comme moi dans leur vie dévidée
au fil de l’ennui
du vide.
Comme moi sans pieds
sans poids pour s’enraciner
dans la terre d’autrui.
Un souffle et les voilà partis,
délités
ailleurs, dieu sait où ne sait pas.
Au-delà des fenêtres, il pleut.
Je sais que je n’ai pas d’amis
la solitude de l’être
pèse un peu plus aujourd’hui.
Mais déjà le vent m’emporte
j’abandonne un peu de chair,
un peu de bleu
la pluie, aussi
ici.
Désirée Thomé 2008
Nénies
Je serai toujours là
les pieds nus
assise sur le sable de nos plages
à jamais dos à dos
avec ton cadavre.
Je caresserai ton souvenir
comme Hamlet son crâne,
en gardant le silence
pour ne pas interrompre
la vague à l'âme.
Et tout sera bien, et tout sera calme
enfin immuable
taillé dans le marbre
de notre épitaphe.
Désirée Thomé 2007
Illustration: Howard Schatz
jeudi 24 avril 2008
Des rêves, dérive...
Shoot
en plein coeur en sursaut
un tocsin au ventre de quartz, plante
sa voix d'aiguilles
dans mes limbes tranquilles, m'arrache hirsute
et bégayante,
de la boucle d'absence, le bras de Morphée,
pour me jeter crue et vive
contre le mur sanglant des trophées
du quotidien.
Ô mon rêve où es-tu?
Bleu de brume, ou couleur d'or pissée
d'un ciel de pépites,
je marche dans le brouillard, parfois
dans des lumières célestes souvent. Je vole
défaite des poids et lests
des chairs, enfin
tout me traverse sans me blesser
comme ce souffle posé sur mes paupières
qui cessent de brûler.
De l'autre côté du monde
quelqu'un m'attends
Sa chaleur est consolante et me souffle
un nom
cloîtré dans son éternité.
Il vient toujours quand j'ai mal les yeux ouverts,
il vient quand je traverse, doucement me bercer.
Et je puise d'étranges forces
entre ses bras refermés.
Shoot
en plein coeur en sursaut
monstre aux entrailles minutieuses
et d'acier
voleur d'oubli volé, comptable de ma vie
escroc de bakélite
tais-toi!
Ne me réveille plus, ne me réveille pas
laisse-moi là-bas, si heureuse embrassée
avec celui qui me serre
sans me déchirer.
Désirée Thomé 2008
Message à Sylvaine
...bon dame je ne sais pas ce qui se passe avec les adresses mails mais je t'ai envoyé un courriel ce matin il m'est revenu avec la mention "blacklisted". Alors voilà, je suis bien embêtée, je voulais que tu le saches pas que mon silence éventuel t'étonnes. :)
mercredi 23 avril 2008
Luv this girl... :)
ADELE: Daydreamer.
vendredi 18 avril 2008
Des mots pour celle que j'aime
Mater l'échec
Une main grise me rapte
où je vole.
L'enfant fièvre grelotte
me plaque au carreau sombre
des échecs,
au fur et à mesure
que grimpe l'argent du mercure
dans mes veines de verre.
La plume ne me réchauffe pas.
Des affres aigus me nouent le ventre,
raidissent ma nuque, le futur
est une plaque sensible où rien n'adhère plus.
Mais si je fais semblant suffisamment longtemps
pourrai-je croire encore, à l'insouciance perdue?
Désirée Thomé 2008
Ses rivières cascadent
charriant marrons chauds et châtaignes
puis, le frétillement vif des ides
d’or fluide.
Je les brosse cent fois.
Ses rus dévalent
en coulées caramel d'algues miellées
ces trésors d’orpailleur, ces soleils tombés
des étoiles plein mes doigts.
Je les brosse cent fois.
Puis, je rassemble les fils
les noue, les tords, les tisse
en tresse d’osier
cabochons de topaze dansant
comme serpent à la musique du psylle,
au creux de son dos d’enfant.
Je les brosse sans fin
ses chevaux indociles, ses mèches ophidiennes
de leur source profonde à leur pointe ambrée.
Le crin du sanglier disciplinant la vague
qui croule de sa tête tranquille
sur ses épaules sages.
Cent coups de brosse pour un voyage,
un saut dans celui ancestral,
de la beauté des femmes.
Instant de tendresse intime et précieux
comme l’or de tes cheveux.
Désirée Thomé 2006
Illustration: Ma fille Hanaé, 12 ans.
Et parce que ma vie, notre vie c'est cela aussi: ASSOCIATION AUPETIT
NB. Des nouvelles dans les commentaires. Bises et bonjour à mes Belles Lectrices et à mes Gentils Lecteurs.
jeudi 17 avril 2008
Pour Pivoine qui voulait voir
...comme certaines d'entres vous le savent j'ai fait le peintre il y a une grosse décennie. Il me manquait le souffle nécessaire pour dépasser mes mignardises comme l'a écrit un journaliste. Je n'étais pas heureuse dans ma peinture, alors j'ai arrêté. Il est plus que probable que si j'avais aujourd'hui le temps de m'y remettre sérieusement, mon approche serait toute différente. M'enfin j'ai quand même eu un prix dans un salon régional, une belle coupe en vrai faux or marquée "prix du public": elle dort dans un carton à la cave. Pensiez tout de même pas qu'elle trônait sur ma cheminée? Me reste très peu de mes pastels et toiles de l'époque, éh oui j'ai tout vendu. J'ai gagné des sous avec mes bouses, comme quoi...

lundi 14 avril 2008
Qui es-tu?
Qui es-tu,
si différent de moi que parfois je t'oublie?
Qui es-tu avec ton orgueil bardé d'acier,
tes yeux froids, tes mains chaudes, tes colères?
D'où viens-tu?
De quelle maison en ordre,
de quelle passé sévère, de quelles amours faciles?
Quand vais-je te joindre pour ne plus te perdre?
T'avoir en moi comme l'hostie,
effacer nos frontières de peau,
toucher ta bouche
et la reconnaître.
T'oublier à jamais dans un sommeil mélangé...
J'ai perdu des jours et des jours
à te poursuivre alors que tu m'étais donné,
à t'appeler pendant que tu me parlais.
Je suis lasse de toi,
comme d'un chemin qu'on fait les pieds blessés
et cependant j'ai faim de toi,
la stupide faim sans nom.
Quand t'aurais-je ouvert jusqu'à l'âme?
Quand serais-je devenue si faible,
si consentante, si donnée
que tu ne sauras plus que faire de moi?
je suis patiemment, ton ennemi et ton amour, le guet.
Es-tu entré une seule fois
à l'intérieur de toi-même
pour t'y rencontrer,
t'y parler,
m'accorder à toi
entre toi et toi?
Dépêche-toi :
je m'occupe à mourir.
Andrée Sodenkamp
Dédicace à Danielle qui m'a envoyé un poème de Andrée (que j'aime beaucoup), il y a quelques temps (je l'ai gardé dans mes docs). Je lui renvoie la gentillesse avec ce grand beau texte.
Illustration Magritte: "Les amants"











